La Fête Nationale

La Fête Nationale avait une grande importance au sein de notre famille. Pour mes Grands-Parents maternels, c’était le jour qui honorait le Soldat et, par conséquent, tous les jeunes gens de la famille qui avaient, volontairement ou non, versé leur sang pour la France. Certains avaient été appelés au contingent, d’autres avaient été des engagés volontaires pour défendre des causes qui n’étaient pas les leurs, mais en lesquelles ils croyaient.

Pour mes Parents, c’était la Fête de la République et de l’Armée qui étalait sa puissance au pas cadencé. Mon Père qui était un Officier portant la double « casquette » de la marine nationale » et de la « marine marchande », passait en revue les troupes à chaque évènement, en compagnie du Préfet et d’autres Personnalités influentes

Il était hors de question de manquer un seul défilé du 14 Juillet ! Nous, les filles, nous restions scotchées devant la radio, puis plus tard,devant la télévision jusqu’au jour où, étudiantes, nous avons pu nous rendre sur les Champs-Elysées pour  » fêter, voir et complimenter l’armée française » comme le disait si bien une ancienne chanson. L’admiration que notre mère vouait aux Saint-Cyriens remontait à ses premières amours. Que de fois nous a-t-elle parlé de son cousin Jean si beau avec son casoar ! et puis, notre Père portait si bien ses tenues d’Officier de Marine! Hélas, nous étions deux filles destinées à être épouses et mères …Mais tout espoir n’était pas perdu: l’une de nous épouserait peut-être un Officier. Qui sait ?

Chaque année le feu d’artifice était tiré sur le port, et du haut de notre balcon nous étions aux premières loges. Je n’ai jamais aimé les feux d’artifice: leurs détonations m ‘ effrayaient lorsque j’étais enfant puis, avec le temps, j’ai pu constater que ces spectacles ne servaient à rien sinon à terroriser les animaux et les bébés. Chaque année les pétards causent des dégâts et des blessures: mes propres enfants en ont été victimes.

Le meilleur moment du 14 Juillet, c’était le bal populaire. A mon époque c’était encore un bal musette où l’accordéon était roi. Les jeunes gens n’hésitaient pas à inviter les filles et à les raccompagner chez elles si elles le souhaitaient. Les navires avaient débarqué leurs « pompons rouges » qui s’en donnaient à coeur-joie et aucune jeune fille ne faisait tapisserie.J’avais la permission de minuit, car le bal avait lieu sur les quais, et du balcon, mon père pouvait surveiller mes faits et gestes. Ignorant cela, mes jeunes et charmants cavaliers m’offraient danse après danse qui une glace, qui un soda. Puis venait l’heure de rentrer et, à leur grand étonnement je déclinais l’offre qu’ils me faisaient de me raccompagner. Je n’avais pas osé leur dire que mon Papa était un gradé de la marine et , pour ne pas passer pour une vilaine petite bourgeoise, j’avais raconté qu’il était boucher. Pourquoi cette profession plutôt qu’une autre ? sans doute parce que je n’ai jamais eu d’attirance pour ce métier ! Au pas de course je rejoignais les Affaires Maritimes toutes proches, à l’heure dite, comme Cendrillon. J’avais en poche des noms et des téléphones que je m’empressais de détruire , mais je gardais en tête les musiques et les visages et…quelques mots doux.

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