un temps de Toussaint

C’était l’époque de l’année ( mon Dieu que ce temps est lointain !) où l’Instituteur nous faisait apprendre et chanter « le cor » d’Alfred de Vigny. C’était encore l’époque où la rentrée des classes était tardive et où les chasseurs arpentaient la campagne avec leurs meutes de chiens hurlants. Ce poème aux sonorités médiévales était assorti aux circonstances et nous ingurgitions des tableaux de mots comme »gibecière, affût, appeau » et le décor était planté en nous montrant des petits lièvres tapis dans leurs terriers et dénichés par les épagneuls triomphants. Il y avait aussi une image du cerf en majesté bramant dans les sous-bois, dans la brume du petit matin et une envolée de cols-verts au-dessus d’un marécage. Notre livre de lecture était décoré aux couleurs de l’automne sur tout un chapître.

 » J’aime le son du cor le soir au fond des bois… » on nous parlait de biches poursuivies, d’hallali et de mise à mort… Roland à Ronceveaux ,blessé et souffrant ,soufflait à n’en plus pouvoir pour demander du secours car il se sentait mourir. La biche et le cerf, eux, n’avaient pas ce recours et s’épuisaient en essayant d’échapper à la meute. Le chasseur était vainqueur…

Nous avions entre 7 et 8 ans et déja ces images terribles nous étaient inculquées. La mort faisait partie de la vie. Nous devions le savoir et on nous l’enseignait. Depuis ce temps je hais la chasse et les chasseurs. Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est un sport qui régule la vie sauvage. Nous ferions bien, nous, les humains, de réguler notre propre espèce, car il y a beaucoup d’incurables dangereux parmi nous. Honte à ceux qui promeuvent la chasse à courre et la chasse tout court. Vous vous en moquez…mais je ne vous aime décidement pas ! Voila…je l’ai dit…

Une réflexion sur “un temps de Toussaint

  1. Je déteste aussi les chasseurs, quels qu’ils soient – ton texte est très beau.
    Quand on pense que ces acharnés font un procès à Luc Besson, cinéaste du  » Grand Bleu  » parce qu’il a fait de ses bois, sa propriété un refuge pour les biches et les cerfs. Il est chez lui, mais les forcenés se plaignent.
    Récemment, une biche est venue mourir dans le jardin d’une dame … quelle horreur.
    La pauvre bête était assaillie par les chiens.
    Je ferai bien courir les chasseurs dans les mêmes conditions … sauf la mort et les blessures.
    De tout coeur avec toi.

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s