Lorsque mes yeux se fermeront à tout jamais,

je veux garder l’image du doux et tendre rêveur, rattrapé par les ans, qui loin de moi et si proche pourtant, a fait de ma vie un chemin de lumière. A quoi pense-ton au moment de passer dans une autre dimension, sinon à ceux qu’on laisse derrière soi ? J’ai côtoyé les Enfers, mais ils n’ont pas voulu de moi. « Trop tôt, disaient-ils , reviens dans quelques années…Tu retrouveras ici bon nombre de tes amis qui ont souffert tout comme toi et  qui attendront le temps qu’il faudra ». Me voilà rassurée et je prends mon mal en patience.J’attendrai que le visage aimé se parchemine. Bien sûr, j’ai tout le temps de préparer mon départ. Bien sûr ?? pas vraiment. J’y songe beaucoup dès à présent…

Entre deux eaux…

Ce soir j’ai envie de faire quelque chose de mal. Bien sûr, sans faire de mal autour de moi aux gens que j’aime bien et sans trop en faire aux autres non plus. C’est juste pour tenter le diable et laisser voguer mon imagination débordante. Que pourrais-je inventer  ? un parapluie magique qui s’ouvre comme une fleur et ne se referme plus ? un rouge à lèvres qui change de couleur au gré de la lumière  et fasse passer la figure des  dames par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel ? une bicyclette avec des roues octogonales ?

Ne dites pas à mon Psychiatre que je rumine ces rêves fous….Il me croirait stressée ou désespérée. Or, c’est tout le contraire. Je suis enfin moi-même et je suis BIEN, seule en tête à tête avec mes délires. Mon chat me regarde d’un oeil compatissant. « Dis, tu n’as pas pris un peu trop de morphine, toi ? »… »chut, le chat ! laisse-moi accomplir mon lot de bêtises et recouvrer le sourire. Toi et moi, nous sommes complices « . Et pour commencer  , partageons notre repas du soir. A toi le jambon, à moi le lait tiède. Heureux ?

A celui que j’aime

Puisque tu sais tout de moi

mes imperfections, mes défauts, mes erreurs et toutes les horreurs de ma vie

demande-toi s’il est sain de me confier ton coeur. Ne me berce pas d’illusions

Les années ne font pas rempart aux déceptions profondes et j’en ai trop connu

pour en supporter d’autres. Chaque mouvement d’horloge nous rapproche du néant

mais je veux bien y sombrer dès maintenant si tu dois t’en aller. Je te suivrai partout.

Je ne veux plus que tu t’éloignes. Je suis une plante parasite qui se nourrit de ta sève

et ne peut survivre que par toi. L’âge n’y fait rien ou, peut-être, si… le coeur devient plus perméable

aux qualités de l’Etre aimé, plus indulgent envers les petits travers et les gros défauts.

J’ai deviné tous les tiens, même ceux que tu voudrais encore me cacher

Peut-être ne te l’ai-je pas assez dit depuis toutes ces années?.JE T’AIME pour l’Eternité.!

Il regalo -Le cadeau

Il regalo.

Je voudrais te rendre ce cadeau que tu avais confié à mes soins, afin que je l’utilise parfois, pour qu’il dissimule le manque tout au long de notre long cheminement et que nous puissions nous entendre de loin. Maintenant, certes, il est à moi, mais il n’efface pas la distance lorsque parfois en lui  je méconnais l’emblème et que je nie l’évidence qui trahit indéfinie, et réelle, la mesure de notre éloignement. Moi aussi, parfois, j’ai envie de t’entendre.

D’après Raffaele Ragone « Una Tantum »