Je ne voulais pas paraître impulsive ou primesautière, alors j’ai longtemps réfléchi avant de vous annoncer que, finalement, il semble bien que nous soyons en été  !  😀

 

Pensées…

J’ai toujours admiré le courage de ces petites fleurs qui s’ingénient à pousser entre les pavés. Certaines ne sont même pas belles, d’autres sont peu attrayantes mais te mettent le coeur en miettes .

A quoi sert la beauté chez une femme si elle ne sait pas vaincre en Amour ? Prends exemple sur tes fleurs: quand leurs pétales tombent, on ne peut rien y faire et surtout pas les rattacher !

c’est étrange, mais il y a des personnes qui nous semblent d’autant plus proches qu’elles sont loin de nous

Petites choses, sourires timides, discours haché, baisers volés et tu te rends compte que tu as perdu ton âme à ses pieds

Certaines personnes endossent bien les gros défauts, tandis que d’autres restent insignifiantes, même parées de vertus !!!

un portrait de mon Père

Mon Père se prénommait Henri. C était un homme secret et  peu disert , dont l’abord était peu amène. Il parlait peu de lui même et de son passé, laissant à sa femme le soin de parler pour deux et de raconter les histoires qu’elle voulait à sa façon. Il était né à Fougères, en Ille-et-Vilaine le 23 novembre 1920, dans une famille de 5 enfants, dont il était l’aîné. Fils d’autre Henry et petit fils d’un immigré Italien et d’une brodeuse Lorraine, il passa son enfance en Ille et Vilaine, à SaintAubin du Cormier où vivaient ses Parents et ses grands Parents maternels.

Comme son père, Henri junior était grand, mince, élancé. Il avait les yeux très bleus, hérités, non pas du côté Lorrain, mais de son grand-père Italien né dans la Province de Belluno, région qui avait été pendant longtemps sous la domination Autrichienne. Mon père avait hérité de la prestance et de l’intelligence vive de son père et de la grande beauté de sa mère qui, entre nous soit dit, était loin d’être sotte. Sa haute stature et son air dominateur le faisaient remarquer partout où il passait.  Sous son apparente froideur, Henri junior cachait un tempérament chevaleresque. Doté d’une grande empathie, Il  était très attentif au monde qui l’entourait et savait se montrer secourable et même charitable à l’occasion. Si, à ses yeux, l’argent comptait peu, le statut social, en revanche revêtait une grande importance. Il avait une revanche à prendre sur la vie et souhaitait s’en sortir mieux que ses Parents.

Sa vive intelligence et sa mémoire phénoménale l’avaient fait remarquer  par le Proviseur du Lycée de Fougères .  Il était pensionnaire et Boursier d’ Etat,  mais l’Instituteur de Saint Aubin avait eu beaucoup de mal à convaincre la mère d’Henri à le laisser partir à Fougères, alors que beaucoup de jeunes garçons restaient à Saint Aubin pour obtenir leur Certificat d ‘Etudes Primaires, sésame qui leur permettait d’entrer dans la vie active à brève échéance. A une époque où les enfants issus des classes populaires étaient presque systématiquement orientés vers des études courtes, couronnées par l’obtention du Brevet Supérieur, et malgré l’indigence de sa famille, Henri fut orienté vers un cycle long et obtint un Baccalauréat A’ (Latin, math) . Il passait ses week-ends à Fougères, chez  ses Tantes, mais il ignorait les liens de parenté. Sa mère lui intimait l’ordre de se rendre le vendredi soir et en alternance, chez la « Mère Desbin » ou la »Mère Chartrain » et il y allait, content de ne pas rentrer chez ses Parents où trois petits frères envahissaient désormais l’espace. Il quitta donc le lycée l’année suivant l’obtention du Bac, mais ne put malheureusement pas entreprendre les études de médecine auquel le Bac A’ permettait d’accéder, car ses parents n’avaient pas les moyens de financer de longues études. Il s’était découvert depuis longtemps une passion pour les sciences et souhaitait trouver un travail dans ce domaine. Ce fut grâce à l’appui du Proviseur du Lycée de Fougères,Monsieur Jardin, qu’il fut embauché en qualité de Contrôleur sous contrat à l’Office des Pêches de Saint-Servan-Sur-Mer et ne fut donc plus à la charge de sa famille.

Un jour, il décida de rendre visite à sa Tante Maria, la soeur de sa mère. Maria avait été ouvrière à la laiterie de Saint Aubin du Cormier et s’était mariée à Lucien Talineau qui travaillait comme palefrenier au haras d’Hennebont. Elle avait quitté son travail pour suivre son mari qui conduisait souvent les chevaux du haras d’Hennebont dans d’autres haras, pour les saillies. En ce moment, Maria et Lucien séjournaient à Scaër, un bourg à la limite du Finistère et du Morbihan, chez Marie Bourgeon, une payse de L’oncle Lucien qui avait épousé un Scaërois. Dans le train qui reliait Lorient à Rosporden, une jeune fille aux grands yeux bleus monta à Quimperlé et n’hésita pas à engager la conversation. Marie-Jeanne lui apprit qu’elle venait d’être nommée Institutrice à Kerjulien, près de Guiscriff et qu’elle se rendait chez ses Parents, puisque désormais elle quittait le pensionnat de Quimperlé. Difficile de savoir ce qu’ils se sont dit; toujours est-il que Marie-Jeanne proposa à Henri de venir le lendemain à la kermesse de Scaër et , de son propre aveu, il accepta avec joie. Ils se revirent donc presque chaque jour, tant que dura le séjour d’Henri à Scaër. L’oncle Lucien et la Tante Maria étaient ravis du choix de leur neveu, car Marie-Jeanne était fort belle et son métier d’Institutrice rajoutait à son charme.

Marie-Jeanne resta peu de temps à Kerjulien et , sur sa demande, le Rectorat lui proposa des remplacements à Hennebont où vivaient l’oncle et la Tante d’Henri  puis à Inzinzac Lochrist où les nièces de l’oncle Lucien, les Demoiselles Crabot étaient Directrices d’Ecole.  Marie Jeanne fut plutôt mal accueillie par sa future belle-famille car la mère d ‘Henri espérait qu’en sa qualité d’aîné , il lui apporterait une aide matérielle et financière pour élever ses frères et soeur. Or, Henri parlait maintenant de se marier et  le fait qu’il soit encore mineur, puisqu’il n’avait que vingt ans, ne leur laissait aucun moyen de pression. Il serait majeur bientôt et il était donc inutile de refuser leur consentement. Le mariage eut lieu à Guiscriff le 23 septembre 1941, un jour où règnait une chaleur estivale. Seuls le Père d’Henri et son frère Marcel assistèrent à la cérémonie. Jeannick Harnay s’était improvisée cuisinière et tout se passa pour le mieux.

Le travail reprit et l’année d’après, Marie-Jeanne demanda à se rapprocher de son époux et fut nommée à Saint Servan sur mer. Henri aurait pu se contenter de son métier de contrôleur des Pêches, mais , prenant exemple sur un ancien camarade de Lycée, il s’inscrivit à la Fac de Droit et travailla seul, le soir, pour obtenir sa licence. Avec l’aide morale de Marie-Jeanne, il obtint son diplôme et se mit à étudier les possibilités de promotion sociale. Justement, le Ministère de la Marine organisait un concours pour recruter des Administrateurs de l’Inscription Maritime. Il n’y avait que cinq postes offerts pour toute la France: malgré tout, Henri se présenta aux épreuves et ce fut un succès. Désormais il entamait une carrière dans la Marine Nationale et la Marine Marchande. Il fallut à nouveau se séparer, car l’école des Administrateurs prévoyait un voyage d’un an autour du monde ,à bord de la Jeanne d’Arc. Marie-Jeanne resta seule à Saint-Servan. Le stage terminé, Henri reçut sa nomination pour Oran, ville d’Algérie administrée par la France. Marie-Jeanne quitta son métier d’Institutrice pour suivre son conjoint.

L’adaptation fut difficile. Nouveau pays, nouveau climat, nouveau métier qui, dans les premiers échelons ne payait pas encore beaucoup, nouveau chef qui entendait bien formater le nouveau venu et nouvel état d’esprit qui était celui des Officiers de Marine dont les femmes épousaient le grade. Il aurait fallu donner des réceptions pour être bien noté, mais Henri s’y opposa. Il n’allait pas jeûner pour recevoir les autres en grande pompe ! le conflit s’installa donc et Henri préféra demander une mutation. Cette fois, on l’envoya à Dakar. C’était en 1950. Le port de Dakar avait besoin d’une nouvelle organisation et d’une réglementation officielle. C’était pain-béni pour ce licencié en Droit qui se spécialisa dans le Droit Maritime. D’autre part, l’Inscription maritime gérait tout ce qui concernait la pêche en mer et les thoniers Bretons étaient nombreux dans le port. Parfois, des accidents survenaient en mer et l’Administrateur devait organiser les rapatriements des marins. Bref, Henri était passionné par son métier. Il déléguait volontiers à ses Adjoints la gestion quotidienne , pour se consacrer aux grands projets. C’est ainsi qu’il dota le port de Dakar d’une  réglementation et qu’il était passé maître dans l’art de gérer les conflits entre les Armateurs et les Marins. Henri rendait des comptes au Ministère de la Marine et se rendait à Paris une à deux fois par an pour rencontrer Mademoiselle L. qu’il renseignait de vive-voix sur la situation du Sénégal. Tout en ayant de bons rapports avec les Africains, Henri était un fidèle serviteur de La France.

Suite à une promotion, Henri quitta le Sénégal en 1963. Il fut nommé à Bayonne, où son caractère affirmé le fit entrer en conflit avec les Basques et il quitta la ville en plein mois de janvier 1967, suite à une mutation »sanction » qui le nommait à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas- de-Calais. Nous, les filles, nous suivions le déménagement et changions de lycée à chaque mutation. Le lendemain de notre départ , une bombe artisanale explosait aux Affaires Maritimes de Bayonne et ce fut le successeur d’Henri qui eut la peur de sa vie ! A Boulogne sur mer, tout se passa bien. Henri appréciait la droiture et la franchise des gens du Nord qui le lui rendaient bien. Après plusieurs années passées au quartier de Boulogne, Henri atteignait désormais l’apogée de sa carrière et son nom figurait sur la liste des promouvables au titre d’Amiral et on lui confia donc le quartier de Bordeaux, puis la Direction Générale de la côte Sud Ouest. Il vivait à l’hôtel de la Marine, sous les ors de la République et se reposait sur la compétence de ses Adjoints, se consacrant à représenter la Marine dans les nombreux cocktails et banquets organisés en ville. Il était arrivé aux étoiles dans un métier qu’il adorait, car il était amené à prendre des décisions et jouissait d’une liberté d’action que peu de fonctions procurent. Cela correspondait tout à fait à son caractère indépendant.

Il n’avait qu’une parole et connaissait par coeur le poème de Rudyard Kipling qu’il essayait de mettre en pratique chaque jour. « tu seras un homme mon fils ». Il aurait aimé avoir un garçon,pour pouvoir lui inculquer ses valeurs.Mais il avait un caractère emporté qui le mettait dans de violentes colères. Je parlais peu avec mon Père, car je ne savais pas quoi lui dire et il s’intéressait peu à moi. Ce n’est qu’à l’âge adulte, lorsque je me suis intéressée à sa généalogie, que j’ai réussi à établir le contact. Il avait une nette préférence pour ma soeur et ne s’en cachait pas. Il étudia toutes les possibilités de la favoriser lors d’une future succession et, à chaque fois, je dus défendre mon pré-carré. Ma soeur lui ressemblait par son emportement et lui racontait volontiers ses problèmes de couple ou de travail. Il donnait beaucoup de conseils à sa fille aînée, sans voir que le monde évoluait et que nul ne peut se permettre de juger la vie des autres. Malgré tout, il a laissé de lui l’image d’un homme sincère et droit, profondément humain, et les messages de condoléances affluèrent de toute la France et au-delà, lorsqu’il disparut le 15 avril 2008.

Les grands-parents paternels

Il est assez rare de trouver des familles unies, dans lesquelles tous les membres s’entendent bien. Il est parfois difficile de connaître l’origine des mésententes, voire des conflits, et un silence lourd tient lieu de réponse aux questions indiscrètes posées par  les petits curieux qui voudraient savoir pourquoi Tante Madeleine est mise au ban de la famille.

Notre famille ne faisait pas exception à la règle et, c’est très simple,elle se composait en deux clans, les Bons et les Méchants, les Cow-boys et les Indiens. Les Bons, c’était NOUS…la famille de ma Mère. Nous incarnions la vérité et la Vertu. Les Méchants, c’étaient les autres, la famille de mon Père, ces « aliens » d’Ille et Vilaine , issus de l’Immigration et dont les us et coutumes semblaient venus d’un autre monde. D’ailleurs , à Saint-Aubin-du Cormier, mes grands parents paternels parlaient « Gallo » et pas Breton., preuve s’il en fallait que nous leur étions supérieurs. Marie-Jeanne ne manquait pas une occasion de railler les coutumes d’Ille et Vilaine ainsi que ce qui était à ses yeux un manque de savoir-vivre de ses beaux parents. Mon père évitait de répondre à ces attaques sournoises et tentait de maintenir un lien affectif avec sa propre famille, malgré les critiques acerbes de sa femme.

Enfants, nous avons été coupées, ma soeur et moi de notre famille paternelle. Ma mère ne tolérait les visites à sa belle-famille que par crainte que mon père refuse de venir à Guiscriff. Ma grand-mère Marcelle et mon grand-père Henry étaient décrits comme des êtres insensibles à qui nous étions indifférentes. Nous passions les voir pendant 3 jours tous les trois ans, ce qui ne risquait pas de consolider les liens affectifs. Ma soeur aînée était choquée de voir la photo des chiens de la maison derrière la vitre du buffet de la cuisine, alors que, ni elle ni moi n’avions droit à cet honneur. Pour ma part, ça ne me choquait pas et je trouvais ça plutôt normal, vu le temps que nous consacrions à nos grands Parents. Les chiens, eux, vivaient avec eux toute l’année !

Notre arrivée à Saint-Aubin du cormier était l’occasion d’un remue-ménage pour nos grands parents. Le portail de l’entrée principale étant condamné, nous entrions par la cave où une clochette annonçait notre arrivée. La cave était très sombre et les odeurs y étaient particulièrement fortes, car en cas de mauvais temps, les chiens faisaient leurs besoins sur la terre battue. Notre mère réprimait des hauts-lecoeur et pestait contre le manque d’hygiène. La grand-mère Marcelle nous attendait en haut de l’escalier, les deux poings sur les hanches:  » ah, te v’la ta, quand c’t’y que tu repars ? » . Ce que notre mère prenait pour une invitation au départ, n’était en fait qu’une façon de s’organiser. La grand-mère parlait très fort. Elle était sourde suite à une otite mal soignée dans son enfance. Son accent d’Ille et Vilaine était très prononcé. C’était une grande femme d’1m78, très belle à qui nous n’osions pas parler beaucoup, car notre mère veillait et intervenait pour détourner toutes les conversations. Belle-mère et belle-fille ne s’aimaient guère. Marcelle trouvait notre mère snob et notre mère trouvait Marcelle sale.. Il faut dire que nos grands Parents d’Ille et Vilaine ne roulaient pas sur l’or. Le grand-père, cordonnier de métier, avait été gazé lors de la guerre 14 et crachait du sang. Il ne pouvait plus travailler depuis belle lurette et Marcelle avait du élever seule ses cinq enfants; quatre garçons et une fille, arrivée par surprise 18 ans après l’aîné des garçons ! Lorsque mon Père obtint ses diplômes, Marcelle espéra une aide de sa part pour élever ses autres frères et soeurs. Malheureusement pour elle, il rencontra Marie-Jeanne et se maria très vite. Elle manqua donc d’argent toute sa vie et sombra vraissemblablement dans une forme de dépression qui la transforma, aux dires du voisinage en une véritable harpie. Pour mieux espionner le voisinage, elle fit installer à sa fenêtre un rétroviseur devant lequel elle passait une partie de ses journées. Assis à la grande table de la salle, le grand-père Henry lisait son journal satirique communiste « le hérisson » et le commentait à haute voix. Parfois il demandait à un membre de la famille d’aller faire des courses. Si l’article acheté ne lui convenait pas, il montrait la porte d’un geste autoritaire et disait d’un ton sec « va me rapporter ça à qui te l’a vendu ! » Notre Mère grommelait lorsque, à notre arrivée, les grands-parents disaient « Henri, il faut faire des courses ». Notre Père allait donc aux provisions et payait pour toute la famille. Après tout, c’était le fils qui avait « réussi » et c’était une forme de reconnaissance, ce que sa femme n’appréciait pas.

Les gens de Saint-Aubin avaient un avis précis sur la famille L. « intelligents mais fainéants », tels étaient les qualificatifs attribués à monGrand-Père et à ses fils. Fainéants, je ne sais pas, mais intelligents, ils l’étaient sûrement. Le grand-père Henry n’avait-il pas engagé un procès contre l’Etat pour obtenir le titre d’Invalide de guerre ? n’ayant pas les moyens de payer un avocat, il avait plaidé sa cause lui même devant le Tribunal de Rennes et il avait gagné son procès. Il écrivait très bien et parlait encore mieux avec un aplomb que beaucoup de Politiciens lui auraient envié. Sa femme était très amoureuse, même s’il « chouinait » parfois pendant plusieurs jours. Il était remarquablement beau et sa haute stature en imposait à tout le monde. Mon Père avait hérité de lui. Grand, blond, élancé, doté d’une mémoire phénoménale et d’un esprit de synthèse très développé, Henri junior était plein de bon sens. Ses frères, bien que moins instruits que lui, n’avaient rien à lui envier quant aux qualités intellectuelles.

Lorsque venait l’heure de se coucher, on faisait les lits. Les matelas étaient confectionnés avec une balle de son et Marcelle sortait ses anciens draps qui ne servaient presque jamais. Un seau hygiénique était mis à notre disposition pour la nuit et un nécessaire de toilette en porcelaine servait au débarbouillage du matin, car il n’y avait pas de salle de bain. Lorsque nous nous levions, nos nous rendions compte que nous n’étions pas seules. Des colonies de charançons avaient trouvé refuge sous nos corps pendant la nuit. Sortis des matelas, ils aimaient la chaleur humaine ! cri d’épouvante de ma part, réprimande de Marie-Jeanne qui ne voulait pas d’histoire avec sa belle mère…

Pendant la journée ma soeur et moi avions une activité en commun: l’exploration du grenier. Il y règnait une odeur de bois poussiéreux et de renfermé. On y trouvait des trésors: vieux livres, romans d’amour, vaisselle, jouets. « Vous êtes encore allées là-haut », disait le grand-père Henry ! un jour de grande bonté, il nous offrit à chacune un service à thé sorti du grenier. Ma soeur eut droit au service chinois complet et moi, à quatre tasses rescapées d’un service japonais dont je n’ai jamais retrouvé d’autres éléments. il faut dire, que, pendant quelques années, les grands Parents de saint-Aubin avaient tenu un commerce d’épicerie et de vaisselle, rue Heurtault et il leur restait quelques pièces qui dormaient dans les toiles d’araignée. J’ai encore à ce jour mes tasses japonaises, unique cadeau de prix de mon grand-père; le second et dernier cadeau qu’il nous ait fait était un paquet de cacahuètes !

La seconde activité à laquelle je consacrais beaucoup de temps, était la promenade du chien. Lui et moi étions très copains et, à défaut d’avoir le droit de parler à mes grands parents, je sortais le Youki. Ainsi passaient nos 3 journées en Ille et Vilaine. Sur le chemin du retour, Marie-Jeanne ne tarissait pas de critiques envers ses beaux-parents. Les années passant, j’ai rendu justice à ces braves gens et chaque année je fleuris leur tombe à la Toussaint. Leur mode de vie n’était pas le nôtre, mais ce n’étaient pas les monstres que l’on m’avait décrits et je me suis rapprochée sur le tard de mes oncles et tantes. La grand-mère Marcelle m’a transmis sa passion des fleurs et des bijoux. Le grand-père Henry m’a montré le chemin de la généalogie et l’amour de la porcelaine. La généalogie? dès que je le pouvais,  je l’interrogeais sur ses propres parents et il me racontait que son père était un Ouvrier venu d’Italie, des montagnes pauvres de Belluno et qu’il avait épousé une fille de Lorraine et pris la nationalité française. Contente de ces informations, je m’en étais ouverte à Marie-Jeanne qui m’avait répondu sèchement « ne raconte pas de choses comme ça, ce n’est pas vrai, ton grand-père ment ! » De fait, c’est elle qui me mentait. Que n’aurait-elle fait pour salir ses beaux-parents !

Le 14 avril, la frégate anti-sous-marine Dupleix s’est ajoutée à la composition du groupement de combat et de soutient des navires français dans la mer Noire. Le navire y restera au minimum jusqu’au 1er mai, transmet DW-World, en référence au Comité scientifique de l’analyse de défense stratégique en France.

Le 10 avril, un destroyer de la marine américaine, Donald Cook, qui est l’élément principal de EuroPRO, et un navire de la Marine française, Dupuy de Lome, équipé de systèmes de radio et de reconnaissance électronique, sont entrés dans la mer Noire. Les représentants des forces navales des États-Unis ont déclaré que la raison de l’expédition Donald Cook est de rassurer les alliés de l’OTAN.

Les avions de renseignement français sont en service sur les frontières de l’Ukraine et de la Pologne. En outre, dans le bassin de la mer Noire se trouve le navire de sauvetage FS Alize, qui est arrivé le 28 mars et qui a participé à des exercices navals à Varna (Bulgarie). Aussi, dans le port turc de Marmaris, se trouve le pétrolier FS Var, transmet Newsru.com.

Le Ministère de la Défense russe a commenté les manœuvres des navires de l’OTAN en disant que l’alliance souhaite créer un regroupement naval à proximité de la frontière russe. En attendant, l’OTAN a l’intention de renforcer la présence de ses troupes dans les pays d’Europe de l’est  en raison de la crise en Ukraine, a-t-on indiqué à l’alliance.

Il est à noter que lors du conflit en Ossétie du Sud en 2008, autant de navires de L’OTAN étaient présents sur la mer Noire. 

Source : Voennoie obozrenie

Maison de Retraite

L’autre jour, j’interpellai une soignante qui rendait une petite visite à chaque pensionnaire de la Maison de Retraite pour voir si tout allait bien. Elle parlait à haute voix à un Monsieur qui, ceinturé sur son fauteuil roulant, voulait sortir pour rendre visite à sa Maman…. A plusieurs reprises cet homme avait tenté de  s’enfuir; persuadé que sa Maman l’attendait à la maison. Alors on l’a équipé , comme tant d’autres pensionnaires, ,d’un bracelet electronique et , lorsque l’alarme retentit on entend dans les couloirs et les escaliers le claquement des sabots des personnels soignants qui volent au secours de la brebis égarée. Je pensais naïvement que cet homme était malheureux, car c’est l’image que nous avons, nous, les gens autonomes des pauvres vieux placés de force dans les maisons de retraite.

Mais l’aide-soignante m’a rassurée. Non, les gens qui perdent l’esprit ne sont pas malheureux, car ils ne s’en rendent pas compte. Ils vivent dans leur monde bien à eux et revivent leur jeunesse, oubliant systématiquement tout ce qui les entoure. La boucle de la vie est bouclée. Bien sûr, le spectacle de toute cette « misère » n’est guère attrayante, mais beaucoup seraient déja passés de vie à trépas s’ils étaient restés chez eux. Quand la famille les place, c’est qu’ils sont déja plus que mal en point, alors, bien sûr, le spectacle n’est pas réjouissant…pour nous, les visiteurs ! Beaucoup de résidents n’ont jamais de visite, car les enfants sont partis travailler au loin et ne reviennent que rarement . C ‘est pourquoi des équipes de bénévoles arpentent les couloirs et les salles en proposant leurs services pour une promenade, une partie « crêpes », un petit bal d’antan ou…la messe. Lorsqu’il fait beau, les volontaires partent en promenade dans le mini-car de la maison de Retraite. Et tout le petit monde chante en choeur les chansons d’autrefois, les chansons de sa jeunesse.Les sourires sont sur tous les visages. Ah! qu’il faisait bon vivre autrefois ! Se plaisent-ils  dans leur chambre médicalisée , la plupart des Résidents disent que oui; certains  y trouvent un confort qu’ils n’avaient pas chez eux. Ne les faites pas parler du présent, car ils vous oublient  dès que vous franchissez la porte. mais parlez-leur d’autrefois, de leur enfance, du temps où ils étaient jeunes et beaux. C’est l’image qu’ils gardent d’eux-mêmes. Leurs amours de jeunesse revivent, même si parfois, les souvenirs s’emmêlent un peu. Certains se tiennent pas la main, retrouvant ainsi leur conjoint disparu. D’autres retrouvent leur « doudou » et le tiennent serré contre eux toute la  journée et ça suffit à leur bonheur…

Plus notre vie s’allonge, plus nous leur ressemblerons dans quelques années, car nos enfants seront partis bâtir leur vie ailleurs et , contraints de travailler jusqu’à un âge avancé, ils ne pourront pas s’occuper de leurs vieux Parents. Reste à savoir si nous serons accueillis dans une structure capable de nous traiter de façon décente et humaine. Notre gouvernement ne semble pas faire une priorité des lieux d’accueil du troisième âge. C’est vrai que le » mariage pour tous » mettait fin aux malheurs du plus grand nombre. A chacun ses priorités !

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